[Art & culture]
Forêt (5)
[Géographie]
[Histoire]
   - Générale (9)
[Littérature]
[Marine]
[Médecine]
Pêche (6)
[Sciences naturelles]
[Tourisme]
 
 
 
les dix derniers livres
 
les auteurs
 
tri alphabétique des auteurs
 
 
archives
 
Recherche
 
Statistiques
 
Guide de l'utilisateur
 
Guide (format doc)
 
 
Arcachon - Cartes postales anciennes
 
Les pinasses du bassin
 
 
Le monde du silence (les dessous du bassin)
 
Arcachon : un guide
 
les Voiles d'Antan du bassin d'Arcachon
 
 
 






J

Jacquesson Marie-Thérèse
Titre du livre : Fleurs des Dunes. Henriette Brunet, 1900-1929
Editeur : Editions Familiales de France
Date de parution : s. d. (1939)
Ville de parution : Paris
Nombre de pages : 109
Cette Fleur des Dunes, c’est la jeune et jolie fille aînée d’un horticulteur arcachonnais qui ne vivra qu’une trentaine d’années. Et qui est restée un exemple pour sa famille.
Cet ouvrage raconte, à partir du journal intime qu’elle a laissé, la courte mais édifiante vie de cette Henriette Brunet morte en « odeur de sainteté » à Arcachon. Il appartient à ce genre littéraire apologétique et bien-pensant aujourd’hui tombé en désuétude. Il reste cependant intéressant pour décrire d’une façon prégnante le sort difficile fait aux filles de la bonne société, dans le premier quart du XXème siècle.
Le père d’Henriette a hérité de l’entreprise de son père qui entretient les parcs, jardins, tennis dans Arcachon et la région. Il est propriétaire de la Villa des Fleurs, sise avenue Saint-Arnaud, où est née Henriette, son aînée, le 27 août 1900. Aidé de sa fidèle épouse, il a veillé à donner à ses enfants une solide instruction et une forte éducation chrétienne.
Il a trois filles et dans ce milieu, petit bourgeois provincial, et à cette époque, une fille n’a que deux perspectives : fréquenter assidument l’église et se marier.
Henriette n’ira pas à l’école publique mais à l’école privée qui fermera bientôt, conséquence de la séparation de l’église et de l’état. Tout l’intéresse, mais plus particulièrement le dessin, le piano, le solfège et l’anglais. Henriette et ses sœurs bénéficient des leçons à domicile d’une institutrice particulière et elles apprennent l’anglais par la fréquentation d’une « lady-help » qui aide ces dames, les deux sœurs aînées et leur mère, dans la tenue du magasin que l’entreprise paternelle exploite sur le boulevard de la Plage.
Henriette ne quittera jamais la Villa des Fleurs. Là, elle passa toute sa vie, non loin de la Basilique Notre-Dame.
La guerre finie, elle s’engage dans la chasse au mari. Il me semble que c’est dans le mariage que je rendrais le mieux. Mais seul un mari chrétien peut donc satisfaire son désir de perfection à deux.
Je voudrais avoir des enfants, le plus possible, un mari chrétien, des employés, des domestiques dont je m’occuperais moralement autant que je pourrais.

Elle se plonge dans la lecture d’une littérature appropriée : Futurs époux de l’abbé Charles Grimaud, Petit catéchisme du mariage du Révérend Père Joseph Hoppenot.
Dans les propositions qui lui sont faites – et elles furent assez nombreuses – elle n’envisage pas la situation du prétendant, mais elle examine le sujet : « Est-il chrétien ? »
Des déceptions, Henriette en eut beaucoup
.
Elle commence à douter d’elle-même. Dois-je me marier ou me faire religieuse ? Elle interroge son directeur de conscience, le curé d’Arcachon. Qui ne décèle pas chez elle de véritable vocation religieuse et qui lui conseille donc de se marier.
Par conséquent, il faut qu’elle cherche à se marier et prie ses parents de l’aider à trouver un mari bon chrétien.
Après cette démarche, les intermédiaires affluèrent et plusieurs propositions lui furent faites.
Puis les échecs se succédèrent aussi.
Beaucoup de personnes se sont occupées de lui trouver un mari. Les prétendants proposés ou ne lui conviennent pas – n’oublions pas ses idées sur le choix d’un époux – ou bien les projets qui lui plaisent ne réussissent pas.
Un projet venant encore d’échouer, elle écrit : « Jusqu’à quand devrais-je compter les échecs ? »

Dans cette vaine recherche de l’âme sœur, sa santé finie par se dégrader. Sans doute devient-elle tuberculeuse ? Elle meurt, dans la « Villa des Fleurs », le matin de Noël 1929. Elle n’a pas 30 ans.
Sur la photographie du début du volume, encadrée de ses deux sœurs, elle a l’apparence d’une bien jolie et élégante jeune-fille.
Faut-il en déduire que la gent masculine arcachonnaise avait été à ce point décimée par la guerre que plus une seule jeune-fille ne trouvait chaussure à son pied ? Sinon que cette gent masculine n’était constituée que de mécréants ?
On retrouvera dans le journal intime d’Henriette cet aveu, reflet de son éducation, qui explique peut-être l’échec de sa recherche :
Je sais depuis longtemps qu’il faut faire le sacrifice de sa virginité pour avoir des enfants, et je m’y résigne dans ce seul but. Car vraiment je ne suis ni voluptueuse, ni passionnée.
03 11 2008 par Jean-Pierre Ardoin Saint Amand
 

 

 


Powered by CuteNews